Résumé
Cet article examine le dialogue de Paul Ricœur avec Gaston Bachelard autour de la notion d’imagination productive, afin d’en approfondir l’apport aux études littéraires. Si l’imagination poétique du premier peut fournir des outils spécifiques pour aborder les textes sans le besoin apriorique d’un repère historique, en tenant compte de l’autonomie de l’imagination créatrice, le développement du concept chez le second permet d’ouvrir la voie vers une éthique, en réinscrivant un horizon historique dans la lecture de la littérature. Ce principe dialectique offre les conditions pour proposer une méthodologie qui respecte les capacités du langage poétique sans ignorer les contradictions posées par l’autonomie de la discipline et de la littérature elle-même. En rapprochant les deux auteurs, nous pensons qu’il est possible de dépasser l’impasse contemporaine de la discipline, à savoir les débats entre les perspectives qui privilégient le texte ou, à l’inverse, l’engagement envers les enjeux contemporains.
